666, La Malédiction

La Malédiction 666
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Le Vatican est en pleine effervescence : tout indique que la Prédiction du Livre des Révélations qui veut que l'Apocalypse débute avec l'Incarnation de Satan sur la Terre, doit se réaliser dans les prochains jours. Robert Thorn, diplomate américain en poste à Rome, est soulagé de pouvoir annoncer à sa femme qui se réveille dans la salle de travail, qu'après de nombreuses tentatives infructueuses, elle a enfin pu donner naissance à un fils. Mais, au fur et à mesure que Damien grandit, il devient évident qu'il s'agit d'un enfant hors du commun. Autour de lui, les morts mystérieuses et les avertissements les plus sinistres se multiplient. Thorn réalise bientôt que la naissance de son fils, à la 6ème heure du 6ème jour du 6ème mois, n'est sans doute pas due au hasard et qu'elle cache le plus terrifiant des secrets...

Que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme, et son nombre est 666. (Apocalypse, ch. XIII, v.18)

 
  • La Malédiction
  • Titre original : The Omen
  • Réalisation : John Moore
  • Scénario : David Seltzer
  • Avec : Liev Schreiber, Julia Stiles, Seamus Davey-Fitzpatrick, Giovanni Lombardo Radice, Pete Postlethwaite
  • Production : États-Unis
  • 2006, 110 minutes

Pour beaucoup, la terrifiante prophétie du Livre de la Révélation est en passe de s’accomplir. Les signes sont déjà là : attaques terroristes, catastrophes climatiques… La liste est longue, et les faits étranges se multiplient. Les Textes parlent de l’avènement de l’Antéchrist, stigmatisé par le nombre 666, la marque de la Bête. Il y est dit que l’Antéchrist recevra son pouvoir de Satan lui-même afin d’établir son royaume sur cette Terre. Alors débutera l’Armageddon... La Malédiction est un thriller contemporain inspiré du classique de 1976 interprété par Gregory Peck et Lee Remick sous la direction de Richard Donner. Comme L’Exorciste et Rosemary's Baby avant lui, ce film avait terrifié le public et s’était aussitôt imposé comme un film culte et un élément essentiel de l’imaginaire collectif.

John Moore, réalisateur de la nouvelle version, confie : « J’avais adoré le film original, et je trouve que sa façon d’explorer le mal dans toute sa noirceur est plus que jamais d’actualité. Rappeler à tous que le mal n’est ni un concept ni une théorie n’a jamais été plus pertinent qu’aujourd’hui. Il a visage humain et puise sa force dans chacun de nos actes. La vraie nature du mal n’a jamais été aussi évidente. Sur ces quatre dernières années, le monde a été frappé par des événements dévastateurs, politiques, naturels, souvent dus à l’Homme. On ne peut s’empêcher de remarquer que les choses empirent, en s’accélérant… »

La Malédiction reprend en grande partie la structure et les thèmes du scénario de David Seltzer de 1976, mais l’histoire et les personnages ont été travaillés de manière à ce que le film soit parfaitement contemporain. John Moore commente : « Le film original était construit sur une base solide qu’il fallait conserver, mais nous devions donner aux personnages un profil plus actuel. »

Dans le film de 1976, Robert et Kathryn Thorn étaient un couple aisé d’une quarantaine d’années, Robert ayant fait une belle carrière au service du gouvernement. Dans la nouvelle version, le couple est beaucoup plus jeune. Le producteur Glenn Williamson précise : « En choisissant de rajeunir Robert et Kathryn, nous projetons l’image d’un couple au début de son histoire, avec une vie personnelle et professionnelle à construire. Instruits, ils travaillent dur pour que leur carrière et leur mariage soient une réussite. Ils sont d’autant plus confus et stupéfaits au moment des premiers soupçons, puis lorsqu’ils prennent conscience de la vérité sur Damien. » Le réalisateur ajoute : « Ce sont des personnes complexes, vraies. »

En s’identifiant à des personnages qu’ils ressentent comme proches, les spectateurs ressentent davantage leurs angoisses et leurs peurs. Ils se disent que si un homme aussi solide peut tomber, alors cela peut arriver à n’importe qui. »

Au début de l’histoire, par amour pour sa femme, Robert prend une décision qui s’avèrera catastrophique. John Moore commente : « Le film pose des questions : que feriez-vous dans la même situation ? Jusqu’où iriez-vous pour rendre heureuse la personne que vous aimez ? Robert protège sa femme de la souffrance. Croyant bien agir, il lui cache la mort de leur nouveau-né. Des centaines d’enfants sont adoptés tous les jours et cela n’est pas si grave, mais en l’occurrence, son mensonge bienveillant va permettre au mal de s’insinuer dans sa vie et dans le monde. »
Le réalisateur poursuit : « C’est tragique à un niveau intimiste, parce que cela affecte sa vie, son couple, sa famille. Mais c’est aussi terrible à une échelle globale, parce que, sans le savoir, il a ouvert la porte au démon. »

Le Vatican est en pleine effervescence : tout indique que la Prédiction du Livre des Révélations qui veut que l'Apocalypse débute avec l'Incarnation de Satan sur la Terre, doit se réaliser dans les prochains jours. Robert Thorn, diplomate américain en poste à Rome, est soulagé de pouvoir annoncer à sa femme qui se réveille dans la salle de travail, qu'après de nombreuses tentatives infructueuses, elle a enfin pu donner naissance à un fils.

Mais, au fur et à mesure que Damien grandit, il devient évident qu'il s'agit d'un enfant hors du commun. Autour de lui, les morts mystérieuses et les avertissements les plus sinistres se multiplient. Thorn réalise bientôt que la naissance de son fils, à la 6ème heure du 6ème jour du 6ème mois, n'est sans doute pas due au hasard et qu'elle cache le plus terrifiant des secrets...

Le Mal l'a choisi.

Le 6e jour du 6e mois de la 6e année,
Son règne arrive

His Day Will Come

From the eternal sea he rises. Creating armies on either shore. Turning man against his brother. Until man exists no more.

The prophecy is clear. The signs are unmistakable. On the 6th day of the 6th month in the year 2006 his day will come.

6 + 6 + 06

"Here is wisdom. Let him that hath understanding count the number of the beast; for it is the number of a man; and his number is 666."
The book of revelations 13:18

Bande annonce

 
  • The Omen
  • Bande originale de Marco Beltrami
  • Sortie : 2006
  • Label : Varèse Sarabande
  • Durée : 53:56 min.
Piste Titre Durée
1 The Omen Main Titles 2:58
2 The Adoption 4:12
3 Ambassador Gets Fired 1:33
4 New House / Damien's Deliverance 2:20
5 The Nanny's Noose 2:05
6 A Cross To Bear 2:49
7 Ms. Baylock 1:50
8 Damien's Tantrum 1:52
9 More Tantrums 2:12
10 Kate Doubts 1:05
11 Scooter 2:44
12 Don't Let Him Kill Me 1:29
13 On The Heels Of Spiletto 6:58
14 Dogs In The Cemetery 2:02
15 Drive To Bugenhagen 1:31
16 Dirty Deeds 4:12
17 Altar Of Sacrifice 4:10
18 The Funeral 1:41
19 Boy Genius 2:52
20 Omen 76/06 3:30
 

Pour choisir les acteurs qui allaient incarner Kathryn et Robert Thorn, John Moore a usé d’un procédé étonnamment simple.

« J’ai fait le casting de La Malédiction comme tous mes autres castings : j’inscris les noms des personnages sur un grand tableau et je colle les photos des acteurs à côté. J’ai collé celle de Julia Stiles sur le nom de Kathryn Thorn, et tout au long des semaines qui ont suivi, il n’y a jamais eu d’autre photo que la sienne. » Julia Stiles, bien connue du public pour ses rôles dans La Mémoire dans la peau, Save the Last Dance et 10 Bonnes raisons de te larguer est une nouvelle venue dans le monde du thriller horrifique. Elle avoue avoir été étonnée que John Moore lui propose de jouer Kathryn.

« J’étais terrifiée, purement et simplement, se souvient-elle. Le sujet de La Malédiction m’a complètement glacée. Mais je savais que la vision que John avait pour ce film et pour mon personnage me permettrait d’explorer quelque chose de passionnant. »

Kathryn Thorn est le seul personnage innocent de l’histoire, parce qu’elle ignore tout des vraies circonstances de la naissance de « son » fils, Damien. De tous les personnages, c’est celui qu’il a fallu le plus travailler. Glenn Williamson précise : « Nous ne pouvions pas conserver la Kathryn de La Malédiction originale parce que le personnage n’était pas suffisamment approfondi. »

John Moore commente : « Les perspectives sociales, personnelles et politiques sur la maternité ont beaucoup changé en trente ans. Dans notre histoire, Kathryn doit affronter sa situation de jeune femme, mère au foyer, vivant dans un pays étranger où elle n’a pas beaucoup d’amis. Son conflit personnel est renforcé par la révélation de la vraie nature de Damien. »

Le personnage de Kathryn passe de la situation d’une jeune femme confiante à celle d’une mère déchirée par le doute.

Julia Stiles explique : « Kathryn commence à éprouver une sorte de détachement vis-à-vis de Damien, et ni elle ni Robert ne comprennent pourquoi. Au fur et à mesure, elle va se rendre compte qu’elle a des raisons d’avoir peur de son fils. Le sentiment que personne ne l’écoute ajoute à son trouble. Elle garde son inquiétude et son anxiété pour elle, mais cela la ronge, jusqu’à ce qu’elle finisse par craquer. »

Liev Schreiber était l’acteur que préférait John Moore pour jouer Robert Thorn. Il venait d’être salué pour sa première réalisation, Tout est illuminé, lorsque Moore lui a proposé le rôle. Liev Schreiber a apprécié l’idée de revisiter ce classique du cinéma d'horreur.

« Certaines histoires gagnent à être revisitées, dit-il. Celle de La Malédiction contient un élément que l’on retrouve dans toutes les pièces de Shakespeare : elle trouve le moyen de se réinventer tous les vingt ou trente ans, parce qu’elle aborde des thèmes qui touchent beaucoup de gens. » Tandis que John Moore voit La Malédiction comme une exploration du mal, Schreiber y voit plutôt une histoire sur la foi. « Le film peut signifier beaucoup de choses différentes à bien des niveaux, admet-il. Il m’a intrigué moi par sa manière de parler de la confiance et de la foi. Ce sont à mon sens les deux challenges du personnage de Robert Thorn. »

Le casting de Mrs. Baylock, la deuxième garde d’enfant, relie le film à l’un des chefs-d’oeuvre de l’horreur moderne, Rosemary's Baby. La Malédiction voit en effet le retour de Mia Farrow à l’écran. L’actrice restera à jamais, dans la mémoire des fans, la mère involontaire de la progéniture du diable dans l’effrayant classique de Roman Polanski… Mrs. Baylock est présentée comme une femme attentionnée, une garde d’enfants expérimentée qui séduit très vite Kathryn et Robert par ses douces manières, ses qualifications irréprochables et son amour pour les enfants. Mais à leur grande horreur, elle se révélera l’ultime protectrice de l’enfant, celle qui doit veiller à son accomplissement. Envoyée par l’Enfer, elle est prête à mourir pour protéger l’Antéchrist. Mia Farrow a aimé l’idée de jouer à l’écran, pour la première fois, un personnage vraiment noir. Elle se souvient : « J’ai d’abord pensé : « Pourquoi moi ? ».

Dans la première Malédiction, Mrs. Baylock, interprétée par Billie Whitelaw, était abominablement monstrueuse. J’ai adoré être effrayée par elle. Je me suis demandé comment je pourrais rendre à mon tour cette sensation saisissante d’une vraie menace. Mais John Moore m’a dit qu’il voulait une autre approche du personnage. « Je veux garder le mystère, m’a-t-il précisé. Mrs. Baylock a un secret, et je ne vais pas le révéler avant que l’histoire ne soit très avancée. » »

Par pur hasard, Mia Farrow était en pleine répétition d’une pièce avec Julia Stiles, Fran’s Bed, quand elle a reçu l’appel de Moore. « C’était drôle, se souvient-elle. Dans cette pièce, j’étais la mère dévouée de Julia Stiles. Nous avons fini de jouer un dimanche soir et, une semaine plus tard, j’étais là, en tant que Mrs. Baylock, à lui compliquer sérieusement la vie sur le plateau de La Malédiction ! »

Pour le rôle de Jennings, John Moore s’est tourné vers l’acteur britannique David Thewlis. Au début de l’histoire, Jennings, un photographe professionnel qui cherche « la photo à un million de dollars », est sur la touche. Quand la première nourrice de Damien se pend à sa fête d’anniversaire, Jennings entre dans la vie de Robert Thorn.

« Ce que Jennings va découvrir est très déstabilisant, explique Glenn Williamson. Il a l’impression de devenir fou, ou pas loin. Mais quand il rencontre Thorn et est confronté aux preuves de plus en plus irréfutables d’un bouleversement maléfique en marche, il devient la voix de la raison. »

Pour le père Brennan, un prêtre qui détient la clé des mystères entourant Damien, Moore a choisi l’acteur britannique Pete Postlethwaite, nommé à l’Oscar du meilleur second rôle pour Au nom du père. Quand Robert Thorn rencontre le père Brennan, il prend la passion du prêtre pour de la folie. « Se mentir à soi-même, ne pas vouloir voir, sert d’excuse à presque tous les personnages, explique Williamson. Si on a conscience de ce qui va se produire, on peut en perdre la raison. C’est difficile d’accepter la réalité et d’agir en connaissance de cause. »

L’acteur britannique Michael Gambon, notamment Dumbledore dans Harry Poter et le prisonnier d'Azkaban, joue Bugenhagen. Il s’agit de l’archéologue apparemment dément qui confirme l’identité de Damien et implore Thorn de commettre un acte innommable pour empêcher l’Armageddon.

Damien est interprété par Seamus Davey-Fitzpatrick, qui fait ici ses débuts au cinéma. « Je recherchais un certain physique, raconte Moore, et Seamus m’a fait forte impression lors de son audition. Il était assis sur une balançoire, un Rottweiler noir à ses côtés. Le regard qu’il a eu m’a glacé. C’était si efficace que le studio a décidé d’utiliser la cassette de son audition comme premier teaser. »

Pour communiquer avec l’acteur débutant, John Moore a établi un code consistant en quelques mots aptes à indiquer avec précision ce qu’il souhaitait. « Seamus a compris ce que c’était que de se concentrer et d’être intense, dit Moore. J’ai pris beaucoup de plaisir à le voir entrer dans son personnage et contribuer à créer l’atmosphère. Il a été remarquable. »

Les deux précédents films de John Moore, En Territoire ennemi et Le Vol du Phoenix, ont été salués pour leur esthétique particulière. Le style de Moore se réalise pleinement avec La Malédiction. Le réalisateur et son équipe se sont ingéniés à transformer les événements les plus innocents de la vie en épreuves : une fête d’anniversaire, une visite à l’église… Afin de créer un effroi croissant, John Moore et son directeur de la photographie, Jonathan Sela, ont construit un délicat équilibre entre la lumière et les ombres. « La Malédiction, d’un point de vue visuel, est un sujet sur l’ombre et la lumière, confirme Moore. Dans chaque image, la lumière lutte pour l’emporter sur les ténèbres. »

John Moore a utilisé les toutes dernières technologies pour soutenir certains thèmes et actions. Pour une scène clé, où Kathryn est poussée par-dessus un balcon, Moore et Sela ont employé une caméra équipée d’une tête Libra, capable d’absorber les mouvements. Ce système a donné à la chute de Kathryn une onctuosité, une quiétude presque surnaturelle. Glenn Williamson explique : « L’installation a été calculée de façon à ce que la caméra se place juste au-dessus de Julia. La caméra « tombe » avec elle, on a l’impression qu’un démon la poursuit dans sa chute. »

De par sa façon de filmer, Moore confère une dimension poétique aux événements horrifiants : la blonde Kathryn, prise dans un nuage duveteux, touche terre dans un tourbillon de pétales rouge sang. « J’ai été inspiré par l’imagerie de Gabriel et l’ange déchu, explique le réalisateur. Le créateur des costumes, George Little et moi-même, avons doté Kathryn d’un châle qui, dans sa chute, donne l’impression qu’elle a des ailes. »
La caméra étant placée très près de son sujet, il était impossible de recourir à une doublure. Julia Stiles a dû plonger… littéralement. Elle a d’abord accepté avec enthousiasme d’effectuer elle-même la cascade. Mais sa bravoure initiale a vite fait place à de l’angoisse. Elle raconte : « En plein tournage, j’ai pris conscience, horrifiée, qu’ils avaient programmé cette cascade pour mon dernier jour de tournage. Comment devais-je interpréter cela ? J’ai paniqué ! Heureusement, les coordinateurs de la cascade m’ont montré leur dispositif, et la date a été avancée. J’étais rassurée. »
Pour cette cascade, Julia Stiles a passé trois jours dans un harnais. Vers la fin, la peur commençait à refaire surface… « Je suis restée suspendue dans les airs pendant un bon bout de temps.

Deux cascadeurs, assurés eux-mêmes par un équipement de sécurité, m’ont maintenue au-dessus du vide pendant trois jours. Je pouvais sentir la tension de la corde et aussi leur tension à eux, légère mais perceptible. J’ai regardé le sol, tout en bas, et je me suis dit « Qu’est-ce qui se passe si les cascadeurs fatiguent ? S’ils ont un spasme musculaire ? » Mais comme prévu, la cascade s’est déroulée sans accroc. »

Liev Schreiber a lui aussi exécuté plusieurs de ses propres cascades. Il s’est battu contre des chiens fous de rage, a conduit des voitures dérapant sous la pluie, et s’est battu encore, cette fois contre Mia Farrow, tout en portant dans ses bras un Damien enragé...

Mia Farrow a eu elle aussi sa part de situations fortes. Pour une scène clé de la dernière partie de l’histoire, dans la nuit noire, en pleine tempête, elle a dû projeter, avec tout le vice dont son personnage est capable, un maillet de croquet dans le pare-brise d’une voiture conduite par Schreiber. « La plupart des acteurs vous diront que devoir être « physique » est un plaisir, confie-t-elle, et que c’est comme un jeu. »
Une nuit, pendant le tournage d’une scène où Thorn répond au téléphone, un des projecteurs du plateau a éclaté. Sans la présence d’un diffuseur de lumière placé juste sous le projecteur, les éclats de verre seraient tombés droit sur les opérateurs caméra.

La Malédiction a été principalement filmé à Prague. « Notre histoire a une dimension européenne et Prague était parfaite pour nos besoins », explique le producteur exécutif Jeffrey Stott. Le tournage comportait plus de trois semaines en studio, mais la plus grande partie des prises de vues s’est déroulée dans des décors existants. Les lieux de tournage ont permis à l’équipe de découvrir une partie de l’histoire de la République tchèque. La Malédiction commence dans les profondeurs des couloirs du Vatican. La production a tourné ces scènes dans le Grand Hall du Palais Troja, à Prague. Le Grand Hall offrait un cadre idéal pour la scène qui annonce la naissance de l’Antéchrist.
L’histoire se poursuit dans les appartements privés du pape. La production les a situés dans la bibliothèque du monastère de Strahov. Fondée en 1140 par un ordre religieux austère et érudit, elle est l’une des bibliothèques les plus réputées de Bohême, avec plus de 125 000 volumes. Elle n’avait jamais servi de lieu de tournage à une production cinématographique d’envergure. La fresque de son plafond, qui dépeint « La Lutte de l’Humanité Cherchant à Connaître la Véritable Histoire », par Franz Maulbertsch, semblait tout à fait adéquate.

La production s’est ensuite déplacée à Lednice pour une semaine de tournage en intérieur et en extérieur, à la résidence privée des Thorn. Avec ses intérieurs néo-gothiques, le château Lednice est un exemple remarquabledu Haut Romantisme dans la République tchèque. Situé dans le parc de Lednice, le domaine a été acquis par la famille de Liechtenstein au milieu du XIIIème siècle. En 1666, Karl Eusebius de Liechtenstein se fit construire une résidence baroque, une orangerie et des jardins. La fête d’anniversaire de Damien et le suicide de sa nourrice ont été tournés dans ces jardins.
Deux endroits différents ont été parfaitement combinés, comme s’ils formaient naturellement un tout, pour la scène où Thorn rencontre le père Brennan pour la confrontation finale.
La première partie de la scène se déroule sous le pont Charles, l’édifice le plus célèbre de Prague. Les blocs de grès d’époque et les majestueuses arcades contribuent à l’effet visuel dramatique de la scène.

La scène la plus intense du film devait être tournée à 70 km à l’est de Prague, dans une église située à Kutna Hora. Cependant, à quelques jours du tournage, le chef décorateur Patrick Lumb a découvert que des échafaudages avaient été installés et encombraient tout l’intérieur. Lumb et son équipe ont dû chercher précipitamment un autre lieu. Ils l’ont trouvé dans une église privée de la ville de Kladbury, à une heure de Prague, réputée comme étant la plus grande cathédrale de la République tchèque.

Enfin, les scènes situées à Jérusalem, où Thorn et Jennings rencontrent Bugenhagen dans un souterrain labyrinthique antique et apprennent la vérité sur Damien, ont été tournées à Vysehrad, à Prague.